| Titre : |
Contrats de rivière Senne et Dyle-Gette (2025). Cadre opérationnel pour la gestion des plantes exotiques envahissantes. Retour d’expérience des Contrats de rivière Dyle-Gette, Dendre et Senne durant le LIFE RIPARIAS |
| Type de document : |
Numérique |
| Auteurs : |
Simon Aucremanne ; Chrtistine Bodmer ; Dido Gosse ; Jérémie Guyon |
| Editeur : |
Projet Life Riparias |
| Année de publication : |
2025 |
| Importance : |
37 p. |
| Langues : |
Français (fre) |
| Catégories : |
[CBNPMP-Thématique] Plantes subspontanées, naturalisées, envahissantes
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| Résumé : |
1. Contexte général, historique et espèces ciblées
Les plantes exotiques envahissantes (EEE) représentent une menace importante pour la biodiversité wallonne en raison de leur forte capacité de croissance, de dispersion et d’adaptation. Introduites par l’homme, elles colonisent rapidement les milieux naturels et concurrencent les espèces indigènes. Leur gestion est complexe et nécessite l’application rigoureuse de bonnes pratiques validées scientifiquement, répétées sur plusieurs années.
Depuis plus de quinze ans, la Wallonie, via le SPW ARNE et les Contrats de rivière, mène des gestions pilotes, initialement axées sur la Balsamine de l’Himalaya et la Berce du Caucase, avant d’élargir les actions à de nombreuses espèces aquatiques et rivulaires. Le projet LIFE RIPARIAS s’inscrit dans cette dynamique et cible 22 espèces, réparties entre espèces « répandues » et « émergentes », dont plusieurs sont concernées par la réglementation européenne.
2. Inventaires et connaissance du territoire
Les deux premières années du projet LIFE RIPARIAS ont été consacrées à des inventaires de terrain approfondis, nécessaires en raison de la sous-détection chronique des EEE, souvent absentes des bases de données naturalistes et majoritairement présentes sur des terrains privés.
Les inventaires ont ciblé prioritairement les zones déjà signalées comme envahies, les plans d’eau environnants et les sites à haute valeur écologique, notamment les zones Natura 2000. En Wallonie, plus de 450 étangs ont été inventoriés pour les plantes aquatiques et près de 200 sites pour la Balsamine de l’Himalaya. Environ 25 % des étangs étaient envahis par au moins une espèce ciblée. Ces campagnes ont permis d’améliorer considérablement la connaissance de la distribution des EEE et de détecter de nouvelles espèces dans la zone du projet.
3. Stratégies de gestion et planification
Le projet LIFE RIPARIAS vise à établir des stratégies de gestion cohérentes à l’échelle des bassins versants, en impliquant l’ensemble des acteurs concernés. Pour les espèces largement répandues, l’éradication totale n’est pas toujours réaliste. La stratégie repose donc souvent sur la distinction entre :
-des zones centrales infestées (« core areas »), où l’objectif est le confinement,
-des zones indemnes (« pest free areas »), à préserver prioritairement.
La planification des chantiers s’inscrit dans la durée : plusieurs passages annuels sont nécessaires pendant plusieurs années, suivis de phases de contrôle. Le calendrier annuel tient compte de la phénologie des espèces, avec une attention particulière portée aux plantes aquatiques, pour lesquelles une gestion précoce permet de limiter la biomasse à extraire.
Au quotidien, le planning est adaptatif et évolue en fonction des conditions météorologiques, des disponibilités des propriétaires, de la durée réelle des chantiers, de la découverte de nouveaux sites et des contraintes logistiques. Un planning partagé en ligne facilite la coordination entre les responsables de projet et les équipes de terrain.
4. Méthodes de gestion
Les interventions reposent principalement sur des méthodes manuelles, adaptées aux caractéristiques des espèces et aux contraintes des sites. Les équipes travaillent à pied, en bottes ou en waders, avec un matériel limité afin de rester mobiles et efficaces.
Pour les plantes aquatiques, l’objectif est d’arracher les plantes avec leur système racinaire en limitant la fragmentation. Les plantes sont collectées dans des bassines flottantes puis mises en tas à proximité. Le traitement des déchets dépend des espèces : certaines peuvent être compostées sur place sous surveillance, tandis que d’autres nécessitent un séchage sur bâche ou une évacuation vers l’incinération ou le compostage industriel.
Le type de substrat influence fortement la faisabilité et le succès des interventions : les substrats vaseux fluides facilitent l’arrachage, tandis que les substrats denses ou asséchés augmentent la pénibilité et réduisent les chances d’éradication.
5. Biosécurité
La biosécurité constitue un élément central et transversal du projet. Les équipes de terrain peuvent devenir des vecteurs involontaires de dissémination des EEE ou de pathogènes nuisibles à la faune indigène.
Les règles essentielles reposent sur :
-le nettoyage systématique de tous les équipements,
-le séchage complet pendant au moins 24 heures,
-la désinfection à l’éthanol à 70°.
Sur le terrain, des dispositifs de rétention (filets, grilles) sont installés afin de limiter la dispersion de fragments végétaux vers l’aval. Certaines espèces particulièrement dispersives nécessitent une application renforcée de ces mesures.
6. Organisation des équipes et sécurité des travailleurs
La réussite des chantiers repose sur une organisation humaine structurée. Le recrutement du personnel saisonnier est rigoureux et combine sélection sur dossier, test de terrain et entretien oral. Une formation complète est dispensée à l’arrivée, suivie d’un accompagnement renforcé durant les premières semaines.
L’organisation interne repose sur une répartition claire des rôles (planning, matériel, biosécurité, journal de bord, logistique), favorisant la responsabilisation tout en maintenant un travail collectif.
La sécurité constitue une priorité absolue : travail en binôme minimum, respect des règles liées aux milieux aquatiques, à la météo, aux machines, aux espèces dangereuses (ex. Berce du Caucase) et aux risques d’allergies. La prévention et la communication sont essentielles pour limiter les accidents.
7. Équipements et logistique
Les chantiers nécessitent un équipement adapté et polyvalent, comprenant du matériel de terrain, des équipements de biosécurité, des outils spécifiques selon les espèces et des dispositifs de sécurité. Un véhicule utilitaire dédié permet le transport du matériel et des équipes et assure la visibilité du projet sur le terrain. |
| Permalink : |
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Aucremanne, Simon, Bodmer, Chrtistine, Gosse, Dido, Guyon, Jérémie
, 2025.
Contrats de rivière Senne et Dyle-Gette (2025). Cadre opérationnel pour la gestion des plantes exotiques envahissantes. Retour d’expérience des Contrats de rivière Dyle-Gette, Dendre et Senne durant le LIFE RIPARIAS.
Projet Life Riparias, [S.l.].
37 pp.
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